Stèle commémorant la chute d'un B-17 (Noël 1944)
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11.3 Témoin d'évènements du passé

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Histoire:

LE B17 TOMBE AU GOUFFRE LE 24/12/1944

LE B17 N° 43-37569 TOMBE A AYWAILLE LE 24/12/1944 N’A PAS ÉTÉ OUBLIE !

Le vendredi 19 décembre 2015, c’est une très nombreuse assistance qui s’est réunie pour se souvenir des membres de l’équipage de ce B-17 dont les débris tombèrent à Aywaille, au Gouffre et à Chambralles.

Monsieur Pol Walhain, de Comblain-au-Pont, a étudié dans le détail l’histoire de ces aviateurs alliés qui donnèrent leur vie dans le combat qui était alors livré contre la barbarie nazie et pour la liberté des peuples. J’extrais quelques passages de l’histoire de cet avion et de son équipage dans l’évocation qu’a écrite ce chercheur consciencieux.

« Samedi 23 décembre 1944, alors que le temps se modifie légèrement, l'Etat-major de la 8e Air Force, réceptionne les données émanant des météorologistes militaires. Ceux-ci sont formels, demain, affirment-ils, le ciel sera dégagé.

Dès cet instant, le compte à rebours pour lancer la plus grande opération aérienne de tous les temps a commencé. Sur toutes les bases de la 8e Air Force, stationnées en Grande-Bretagne, c'est le branle-bas de combat. Toutes les unités ont reçu l'ordre de mettre tout en oeuvre pour dépêcher un maximum d'avions. «Tout doit voler» disent les officiers d'Etat-Major, même les vieux avions usés par de nombreuses heures de vol.

Dimanche 24 décembre 1944, tôt le matin, attendant que le brouillard se lève, après un travail acharné des équipes de maintenance et d'approvisionnement, 2034 bombardiers lourds et 853 chasseurs d'escorte sont prêts pour l'envol.

Pour faire voler tous ces avions, il a fallu également rassembler un grand nombre d'aviateurs. Dès le samedi, fin d'après-midi, toutes les bases ont été mises en alerte. Les permissionnaires sont rappelés. Les MP's visitent les salles de spectacles et les bars pour donner aux hommes l'injonction de rejoindre leur escadrille. Certains, brevetés navigants, mais occupant une fonction administrative, sont réaffectés dans les équipages. Il y a des volontaires aussi, comme le 1er Lt Cuno Becker, officier d'armement de la 836e escadrille. Cet officier ne possède aucun brevet de navigant.

Dès 9 h., sur la base 137 de l'USAAF, située à Laveham (GB), 54 bombardiers BI 7 appartenant au 487 BG décollent. 38 d'entre eux, dont 4 pathfinders (avions guides équipés d'un radar H2X et d’un équipage ayant reçu une formation spéciale), vont former le groupe de tête qui va guider l'armada (…)

Parmi les avions de la 836e escadrille, occupant la position du vol bas, se trouve le B17G N°43-37569 qui appartient administrativement à la 839e escadrille. Dans la formation, cet avion piloté par le 1/Lt Ball occupe la position n°6, c’est-à-dire qu’il vole sur la droite de la formation basse.

A hauteur du versant de la rive gauche de l'Ourthe, qui domine les environs du confluent de l'Ourthe et de l'Amblève, une quarantaine de chasseurs allemands, Fockwulf 190 A8, appartenant au IV Sturm/Jagdeschwader 3 (4eme groupe d'assaut de l'escadre de chasse n°3 entrent en contact avec les bombardiers du 487BG. Cette attaque frontale, bien que rapide, fait des dégâts parmi la formation. Dans l'avion du 1er Lt Ball, les pilotes se rendent vite compte que la gouverne de direction est détruite. L'équipage s'étonne ensuite qu'après leur «passage», les «bandits» ont disparu. (En fait, les pilotes allemands ont reçu l'ordre de contourner la formation de bombardiers pour les attaquer par l'arrière.)

A l'instant même où les bombardiers survolent la carrière du Hagohé, située entre Halleux et Martinrive le Lt Becker signale par l'interphone l'arrivée par l'arrière d'une quarantaine de chasseurs ennemis, placés en ligne de front. Lorsqu'ils se trouvent à environ 550 m. de distance, et donc toujours hors de portée des mitrailleuses U.S., les chasseurs actionnent leurs canons de 20 & 30mm. Le moteur n° 2 de l'avion de Ball est en feu, de même que le 3 ou le 4. Une forte odeur de gaz et de brûlé se répand dans la forteresse.

Le Lt Sperber, le navigateur, appelle les pilotes par l'interphone et ne reçoit aucune réponse. Devant lui, il voit le Lt Broom qui prend son parachute. Alors, très vite, il accroche également le sien, se dirige vers l'écoutille du nez et saute. Le Lt Broom le suit.

Ils sont à peine sortis que le bombardier commence à tourner comme une toupie en perdant très vite de l'altitude. A ce moment-là, seulement une trentaine de secondes se sont écoulées depuis que le BI 7 a été touché à mort.

La force centrifuge cloue littéralement sur place les membres de l'équipage. La forteresse volante ne résiste pas aux efforts dynamiques. Le fuselage se casse à hauteur des empennages arrières, la queue se sépare, emportant avec elle le 1 Lt Becker. Elle va atterrir dans une prairie entre Septroux et Chambralles, où des civils (N.D.L.R. Gaston Méan et ses frères) découvriront le Lt Becker toujours à son poste, grièvement blessé. Il décèdera à l'hôpital le 26 décembre. Le reste de l'avion est tombé dans l'Amblève au lieu-dit «le Gouffre», à Aywaille.

Le 3 janvier, les militaires retireront de l'épave, les corps des 1 Lt Ball et Tomea et du T/Sgt Parks. La dépouille du T/Sgt Lull sera retrouvée bien plus tard, ayant été emportée par les flots. Deux hommes, se trouvant dans le fuselage au moment du cisaillement de la queue, ont été éjectés par le trou béant. Ils sont tombés sans parachute. Le S/Sgt Comery dans un pré en face de la scierie Van den Wildenberg et le S/Sgt Gaudin vers la laiterie d'Aywaille. »

 

Membres d’équipage tués ou disparus

Pilote :                                         1er lt BALL Ira L. (*)

Co-pilote :                                   1er lt TOMEA Gordon R. Jr

Opérateur radio/mitrailleur         T/Sgt LULL Robert H.

Mécanicien de bord :                  T/Sgt PARKS Warren H. 

Mitrailleur de tourelle ventrale : S/Sgt GAUDIN Duffy J. Jr (*)

Mitrailleur de queue :                  S/Sgt COMERY John J. (*)

Les noms suivis de (*) indiquent ceux dont la dépouille repose toujours au cimetière de Henri-Chapelle.

Membres d’équipage survivants :   

Bombardier :                                1er Lt BROOM John C.

Navigateur :                                 1er Lt SPERBER Harold P.”

 

A l’initiative de Frédéric Winkin et de son 40-45 Memories Museum, un monument a été inauguré ce 19 décembre au Gouffre à Aywaille pour perpétuer le souvenir de ces aviateurs américains.

En présence d’une foule nombreuse, parmi laquelle se remarquait la présence du Colonel Jean-Louis Crucifix, Commandant militaire de la Province de Liège, que les circonstances de la chute de cet appareil furent rappelées. Le public, très attentif, n’a pas manqué d’être impressionné par la très importante délégation de porte-drapeaux venus de tous les coins de la province. C’est devant la délégation de l’US Air Force de la base militaire de Kleine Brogel que le monument commémoratif fut dévoilé par MM. Georges Goguin et Gaston Méan.

Aywaille
Localisation
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Photos anciennes et vidéo : 

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